top of page
Rechercher

Thanadoula



Zoom sur des mains qui se tiennent. Elles sont déposées sur le sol, sur de l'herbe. A gauche, une femme est allongée, c'est le dos de sa main qui est posé sur le sol. L'autre main est par dessus, elle porte un symbole tatoué et un bracelet.
Crédit ° Or-photographie

Lors d'une création de tambour chamanique, Pauline me demande pourquoi je propose l'accompagnement de Thanadoula. Cette question m'a invitée à regarder ce qui m'animait à ce sujet et à écrire cet article.

La mort comme une évidence. Il faut dire que la seule certitude que nous ayons est bien que nous allons mourir un jour. Dit comme ça, ça peut paraître rude et pourtant c'est la réalité commune aux êtres vivants.

La mort, seule certitude


Je me souviens que déjà enfant, j'étais intriguée par le fait de n'avoir qu'une grand-mère vivante sur mes quatre grands-parents. Plus tard, en période de formation de psycho et aussi lors d'une constellation familiale, je me suis rendue compte que « la petite » Sylvie était bien installée au milieu de ses frères non nés, un avant et un après sa naissance. Mais les choses se sont posées lors du chemin de fin de vie de ma grand-mère Agnès. Je suis revenue 2 mois chez mes parents pour être présente. J'assistais les infirmières pour les soins, j'aidais ma mère pour la faire manger, je gérais ses encombrements pour ne pas qu'elle s'étouffe, nous avons pris soin de son corps après sa mort, nous l'avons veillée à la maison pendant 48 heures avant de répondre à ses volontés pour ses obsèques.... A ce moment-là, j'ai pris conscience de nombreuses choses mais celle qui m'a le plus marquée c'est combien les gens sont démunis face à la mort aussi bien les proches que les professionnels accompagnant. J'ai remarqué qu'un choix se faisait dans cet espace... et c'était, très souvent celui du survivant. Je choisis sciemment de ne pas dire « vivant » car le mourant est également vivant.


la personne en fin de vie est considérée comme déjà morte

D'ailleurs, nous parlons de fin de vie... cela porte bien son nom, ce n'est pas le chemin de mort. Pourtant bien souvent sur ce chemin, la personne en fin de vie est considérée comme déjà morte et l'on s'attarde sur les vivants, les vrais ou plutôt les reconnus comme tels.

Ce chemin est celui du mourant mais il est évident que c'est tout le système familial et relationnel qu'il faut observer et considérer dans cette étape de vie, dans cette épreuve affective. En effet, l'idée de sa propre mort ou la mort d'un proche fait perdre tout sens : le sens de la vie, le sens des mots aussi.



Un énorme pissenlit laisse s'envoler ses "anges"
Crédit ° Or-photographie


Juste pouvoir en parler et se sentir soutenu


Au nom de la protection, combien de mensonges et de secrets, combien de mises à l'écart de cérémonie, combien de retenues émotionnelles, combien de maintien dans l'incompréhension et la culpabilité ?

Tout cela se place dans la capacité limitée de la personne à faire face à un tel événement et à sa souffrance et celle d'autrui, tout cela vient chercher dans l'impuissance et la perte de contrôle. C'est pourquoi un accompagnant « extérieur » est plus à même d'apporter le recul nécessaire à l'observation de ce qui est et à l'acceptation de la situation dans la justesse de ce qui peut être. En ce sens, j'ai pu remarquer que les personnes endeuillées doivent non seulement faire face à leur douleur mais également aux maladresses des personnes qui se veulent réconfortantes quant ils ne deviennent pas eux-mêmes le réconfort de ceux qui sont submergés par leurs propres émotions. L'accompagnement de Thanadoula est aussi là pour éclairer ces aspects du deuil auxquels on ne pense même pas.



Deux femmes de profil, le regard vers la droite. Une a un foulard sur la tête, elle pleure. L'autre est au-dessus et la réconforte en la serrant. Les deux femmes ont les yeux fermés.
Crédit ° Or-photographie


Après toutes ces années, ma réflexion m'a menée à comprendre que le piège de la mort est l'égo du vivant. En effet, lors du décès d'un être vivant, aussi bien pour le mourant que pour les accompagnants c'est une explosion émotionnelle liée en grande partie aux deuils symboliques non faits tout au long du chemin parcouru ensemble. Les a-t-on jamais vraiment réglés ? La souffrance lors de la séparation physique laisse penser que non, néanmoins il est possible d'atténuer leurs effets en amont et il est encore temps de le faire même dans la période de fin de vie ou de deuil.



Sur un sol de terre, avec quelque brindilles d'herbe verte, des galets blancs sont déposés et dessinent un chemin lumineux
Crédit ° Or-photographie


Thanadoula, activité professionnelle


Ma présence dans l'accompagnement de fin de vie est en place depuis plusieurs années, de bouche à oreille, certains savent que je peux être là avec eux dans cette étape de vie.

Alors pourquoi proposer cet accompagnement dans mon activité professionnelle et le faire payer ? Certainement pour la visibilité que propose le champ professionnel. Il me semble primordial d'ouvrir les portes de ce monde sclérosé enveloppant cette étape finale de vie qu'est la mort. Ce choix permet de montrer que ces accompagnements existent et qu'il est possible de ne pas être seul dans ce passage qui se vit très très souvent comme une épreuve... et pour cause. Cet accompagnement n'est pas un remède à la souffrance mais il permet de se libérer d'accroches compliquant l'approche de la mort pour le mourant et le deuil pour le restant. La neutralité de l'accompagnant offre aussi un sas de décompression. Elle permet de poser les mots, d'accueillir les silences, d'exprimer les émotions violentes ressenties...



Ne pas être seul dans ce passage

J'avoue que j'ai mis du temps avant d'accepter le fait de faire payer cette prestation. Pourquoi ? Mes croyances... certainement. Je ne voulais pas prendre place dans « ce monde de la mort » très verrouillé et lucratif pour ceux qui y ont une place.

Il m'a fallu ce temps pour intégrer que cet accompagnement n'était pas différent des autres que je proposais et que seules les circonstances changeaient. Je reçois au quotidien des personnes en souffrance, mon travail est de les accompagner à comprendre ce qui se joue pour eux, comment utiliser leurs ressources pour vivre au mieux ce qui est souffrant et sortir de certains schémas de fonctionnement.

La mort n'a pas de sens, elle est. Dans cette épreuve les mots n'ont pas de sens, seules une présence neutre, accueillante et une écoute attentive sont réconfortantes.


J'accompagne les étapes de vie... et la mort en est une, l'ultime c'est ce qui la rend si particulière et impressionnante.



Au-delà de l'accompagnement de cet événement de vie, j'ai à cœur de libérer la parole concernant ce sujet encore tabou qu'est la mort. J'ouvre donc des espaces de parole et des ateliers Thana pour permettre à chacun d'aborder et de côtoyer ce sujet dans ce qu'il porte. L'espace est ouvert aux témoignages, aux questionnements. Il offre de déposer ses peurs, sa colère, son impuissance mais pas que... pas d'enjeu entre nous, tout peut se dire et se vivre... Dans cet espace, cohabitent les discussions autour de la mort physique et celles au sujet des morts symboliques. Un seul et même chemin initiatique... la vie.


Je sais que lors d'un décès les mots perdent leurs sens, l'avenir devient le passé, c'est pourquoi je propose d'aborder le sujet de la mort en dehors du désarroi et du chaos provoqués par celle-ci.


Cérémonie


En parallèle, avec Emmanuelle, nous proposons les Cérémonies Funéraires des Louves et les Rituels Thana où comment célébrer l'être décédé et le lien éternel de vie entre les êtres du clan.

Je parle là d'union entre le visible et l'invisible, de prendre place dans la beauté de ce lien d'amour pour le faire vivre à jamais.


Sur fond gris, sur la gauche une branche avec un bourgeon de fleur qui laisse couler une goutte d'eau
Crédit ° Or-photographie


Comme la Doula accompagne la naissance, c'est-à-dire prendre sa place dans la matière incarnée, le visible, le temps... la Thanadoula accompagne la mort, ce retour à l'invisible et à l'intemporalité.

L'une ouvre le cycle, l'autre le ferme... mais n'oublions pas que ce cycle de vie appartient au cycle de Vie (ref. article de blog).


Je vous accompagne à vivre au plus près de vous-même cette étape de vie qu'est la mort.

Pour plus d'information, cliquez ici

Pour me contacter, c'est ici



Traces de pas sur le sable doré, les pas viennent vers le premier plan de la photo
Du visible à l'invisible

0 commentaire

Posts récents

Voir tout

Comments


bottom of page