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Ma croyance, ma spiritualité

L'accompagnement thérapeutique holistique


Je travaille depuis plusieurs années maintenant dans le domaine de l'accompagnement dit holistique. La spiritualité y a pris une place importante avec son lot de croyances. Je me suis toujours sentie en marge d'un grand nombre de ces dernières. Beaucoup font écho au dogme de l'Eglise avec cette croyance que « devenir meilleur » est le but de sa vie, d'autres nous projettent dans des cultures lointaines, nous laissant entrevoir que c'est toujours mieux ailleurs, que le vrai est ailleurs et rejoignent finalement la première... je ne veux pas faire ici l'énumération et l'analyse des différentes croyances qui teintent notre monde. Je reste convaincue que chacune d'elle, si elle est accompagnée de bienveillance et d'honnêteté peut être une étape pour accéder à soi.



D'où partent les croyances ?

J'ai eu la chance de naviguer entre deux mers. Cela me fait sourire en écrivant cela de cette façon car il est vrai que mon père avait un côté très maternant.

Je naviguais sur une mer plate, celle où flottait notre barque, elle suivait un flux invisible qui imposait une confiance aveugle. Sur cette dernière, ma mère et ma grand-mère maternelle tenaient la barre. Elles m'emmenaient ainsi chaque semaine à la messe, nous faisions escale chaque soir pour la prière et pour chaque fête religieuse, nous suivions les règles du bon chrétien. De cette virée en eau calme, je retiens la joie d'appartenance, la communion par la voix et le toucher, la beauté de la prière et la confiance dans l'invisible.

Sur le radeau où se trouvait mon père, je m'y asseyais et nous nous laissions porter par le vent. Qui dit vent, dit mer en mouvement. J'allais de cette barque à ce radeau librement et j'aimais ça. De vague en vague, mon père me racontait qu'il croyait en l'humain et en ses capacités. De cette balade en eau mouvante, je retiens la liberté, la joie de l'appartenance, la beauté du voyage et la confiance dans le visible et le concret.

En posant ces mots, je fais le rapprochement avec cette notion qui est chère à mon cœur « le seul ensemble ».

Sur ce radeau, nous étions seuls et pourtant reliés à cette nature qui est la nôtre, l'humanité.


Pleine mer, dans des tons gris bleu, une maman dauphin nage avec son bébé. Sur le dessus de l'eau des ondulations témoignent de leur mouvement et leur vitesse


Rédiger ce paragraphe me conforte dans ce que je perçois aujourd'hui et dans ce qu'est ma croyance et donc ma réalité.

En effet, en vous partageant cette information, je vous fais part de mon histoire, de mon passé. Et même si aujourd'hui j'ai tracé ma propre voie, c'est ce passé qui en est le matériau principal. J'accepte qu'il soit en moi, qu'il soit vivant. Et c'est parce qu'il est vivant en moi qu'il peut se transformer au rythme de mes compréhensions et surtout de ma réappropriation de cette information qui se veut neutre, qui se veut mienne.

Alors oui à première vue, je pourrais penser que j'ai opté pour le radeau pourtant je dirais plutôt que j'ai pris conscience qu'il n'y a qu'une mer, et que je me suis bâtie à partir de chaque escale et de chaque vague. J'ai construit mon bateau et je navigue sereine riche de mon expérience sur ces deux embarcations. Cette expérience est dans ma mémoire, elle s'active pour me permettre aujourd'hui de faire vibrer mes valeurs et de faire des choix qui sont les miens, parfois teintés de ceci, parfois teintés de cela, parfois neutres et toujours miens.


Alors aujourd'hui dans de nombreuses approches on nous dit « il faut lâcher prise », « il faut être dans l'instant présent », « il faut faire taire le mental », « il faut oublier le passé », « il est temps de faire votre deuil »... mais de quoi parle-t-on ?

Si je pars de ma croyance, le passé n'est pas derrière moi, il est en moi. De ce fait, si je suis dans l'instant présent, le passé est dans l'instant présent et j'irai plus loin même, je suis le passé, je suis l'instant présent donc le passé est l'instant présent... il est aussi le futur que je construis dans cet instant présent à partir de mon passé. Vous me suivez ?

Je me vis comme un flux ininterrompu dans un espace temps non cloisonné. Je suis dans la perpétuelle construction du chemin que je suis et que j'éclaire à chacun de mes pas. C'est ainsi que s'éclaire aussi le processus de deuil : la vie est un flux en perpétuel mouvement et nous invite à une constante transformation.



Un grand ciel bleu azur sur le haut de la photo en format portrait. En fond, une montagne de roche calcaire, la Sainte Victoire en Provence. Du milieu de la photo au bas de la photo, un chemin en terre et petites pierres, couleur ocre. De chaque côté, la forêt d'un vert pétillant, des pins, des chênes, du romarin.

Croyance et passé


En psychothérapie aussi le changement a eu lieu et si Freud accompagnait à accepter un passé immuable, aujourd'hui nous travaillons à moduler ce passé qui est en nous.

Nous sommes fait du passé. Et ce que nous pouvons envisager c'est de trouver la bonne distance pour accueillir son information comme une base de données neutres nous permettant de tracer la nouvelle partie de la carte de la trame familiale et pas que... En effet, nous portons le passé de notre propre histoire mais nous portons aussi celui de nos lignées, celui de la société, celui du monde... Je suis sûre que vous vous êtes souvent dit :

« mais cela ne m'appartient pas... »


L'accompagnement thérapeutique permet de se placer à la bonne distance tout en mettant en mouvement ce passé duquel il est indispensable de libérer les traumas qui rendent finalement notre lien à nous même toxique. Nous travaillons souvent sur les liens toxiques avec nos parents ou d'autres mais au final, c'est avec nous-même que nous sommes dans un lien toxique en nous identifiant pleinement et très souvent, inconsciemment à notre histoire et à celle de nos lignées.


L'image qui me vient est la suivante : Le passé que nous portons est comme ce film que nous regardons au cinéma ou à la télévision. Certaines scènes sont vécues avec détachement et d'autres viennent nous happer et nous invitent à une projection où nous devenons chaque événement, chaque personnage... nous ressentons chaque émotion, nous inventons toutes les solutions possibles pour finalement écrire nous-même le scénario.


Sur un fond noir, trois bobines de film, rondes couleur argent. Les bandes sont fines et noires bordées de pointillés également argentés


En comprenant nos mécanismes, nous reprenons notre pouvoir personnel, c'est pour moi toute la beauté de l'humain que nous sommes, l'être incarné.


Ma Foi en l'Humain est ma croyance, c'est la seule teinte de ma spiritualité.


En écrivant cet article de blog, plusieurs choses s'éclairent encore, toutes ces choses qui, à chaque instant imprègnent mon être, mon existence et mon accompagnement professionnel. Pour ceux qui ne me connaissent pas, vous pouvez parcourir mon site et vous comprendrez.


Ne serions-nous pas les artistes de notre vie ?


Nous sommes tous les artistes de notre vie, quel que soit le domaine choisi. Et à chaque instant nous créons notre futur. Je ferais ici le parallèle avec la peinture, elle a accompagné les débuts de mon chemin initiatique. Vous prenez une toile vierge, vous peignez ce qui est présent pour vous...

une larme coule sur ma joue car je me souviens de mon père qui ne pouvait jamais décider qu'une toile était terminée... nous en avons souvent parlé et analysé qu'il était un insatisfait de la vie... et s'il avait compris... et si c'était les deux... il pouvait revenir inlassablement sur une toile, la modifier et finalement l'emmener ailleurs.

Cette vision ouvre l'infini champ des possibles. Elle m'invite alors à réfléchir aux prédictions... que sont-elles ? Elles sont une infime possibilité qui selon la personnalité peuvent amener à l'enfermement.



Photo d'une peinture à l'huile. Création 10'Scala. Sur fond terre d'ombre et rouge, une chaine en transparence irisée. Un maillon est cassé en deux et permet la séparation de la chaine. La chaine est entourée et fondue dans une fumée également transparente et irisée


Il me semble sauf erreur de ma part, que Saint Augustin était porteur de cette parole , celle qui nous définit comme les artisans de notre vie et que la mémoire était puissante. Encore une fois intéressant pour moi et révélateur que je suis bien porteuse de l'enseignement de mes deux embarcations... Saint relève de ma barque et Augustin de mon radeau. En effet, Augustin est mon grand-père paternel et je suis née le même jour que lui... il était agriculteur et maçon : il cultivait pour nourrir et construisait pour créer un lieu de vie... Petit clin d'oeil de la vie.

Croyance et mémoire


« La mémoire constitue-t-elle notre conscience et notre identité ? » C'est ma croyance et j'ajouterais qu'elle est nourrie par l'expérience.


Je sais aujourd'hui qu'elle est pour moi la source de mon autonomie. Elle me sécurise dans mes actions et ouvre la porte à ma liberté.

Finalement, en plaçant mon passé (au sens large, comme dit plus haut, c'est-à-dire au-delà de mon vécu) au cœur de qui je suis, je ne suis jamais en terrain inconnu, je porte ma propre connaissance de ce monde et c'est avec mes propres filtres que je tisse la trame de ma vie en n'oubliant pas que ma trame est inter reliée à celle de chaque être vivant, chaque événement lié au vivant... et donc l'imprévu.

Croyance et accompagnement thérapeutique


L'accompagnement thérapeutique holistique amène à sortir des cristallisations pour nous remettre en mouvement , c'est vrai pour ce qui est dans notre tête mais c'est aussi vrai pour ce que nous portons dans notre corps... la mémoire du corps, vous connaissez ?


J'ai pu remarquer depuis ces longues années d'accompagnement que seuls les souvenirs dont on a besoin remontent à notre conscience, le mécanisme de défense psychique du refoulement s'assouplit quand nous sommes en mesure de nous saisir de ce qui revient à la conscience... c'est aussi le cas dans le domaine de l'invisible au niveau du corps quand les empreintes énergétiques s'activent - certaines croyances vous parleront d'entité, de revenant - je parle d'empreinte énergétique (d'une mémoire) qui s'active en résonance avec la vibration portée... une mémoire commune, une clé pour ouvrir les espaces encore fermés et cristallisés.


Je reviens à ces petites phrases mentionnées ci-dessus et je reviendrais plus particulièrement sur « il faut se débarrasser du mental ».


Il me vient cette question encore, rhétorique certains diront, « Et si notre intuition était le fruit de notre passé ? », ceci invite une autre question « et s'il n'y avait rien de mystique ou de divin ? »

Il est peut-être temps de rendre vraiment son pouvoir à l'homme et à sa capacité à vivre et utiliser l'outil parfait qu'il incarne. Cela implique de reconnaître son mental dans ce qu'il est réellement, il est la ressource qui permet d'analyser, de comparer et d'opposer... n'est-ce pas là ce qu'il nous faut pour nous positionner ?! Et s'il était un des éléments indispensables du moteur de notre guidance intérieure ?!



En extérieur, le fond de la photo laisse deviner un toit d'un  auvent  d'une maison en pierre. A gauche, également en fond, un arbre aux petites feuilles vertes. Egalement en arrière plan, une femme en robe grise à moitié cachée derrière une autre femme la tête en l'air, les cheveux longs bruns foncés et libres. Elle a les yeux fermés et le visage serein. Elle lève les bras nus, écartés vers le ciel. Elle porte un top fines bretelles rouge et un pantalon dans le même ton avec des motifs rose et marron foncé

Croyance et paix


Combattre chaque élément qui nous constitue, combattre le cycle du temps, le mental, le passé... c'est se combattre encore et encore. On nous parle d'unification, de réconciliation en nous invitant à éliminer notre mental, à effacer notre passé, à nous cloisonner dans un espace temps... où est la paix dans tout ça ?

Je vis libre car je sais qui je suis et je ne parle de personnalité. Je me suis réapproprié mes valeurs, mes compétences, mes ressources.

Et l'accompagnement thérapeutique ouvre à cette rencontre authentique, celle qui fait que le voile tombe. Je le dis souvent en séance individuelle ou en atelier : « Vous n'avez pu investir parfois sur ou sous investir que ce que vous êtes et portez. » Ensuite dans la construction, nous nous dépossédons peu à peu de qui nous sommes en l'attribuant à la relation à l'autre et du même coup en l'identifiant à l'autre « je suis ainsi parce que mon père, et comme ça parce que ma mère... ».

Souvent je parle du deuil et des deuils successifs que nous vivons tout au long de notre vie. Et lorsque nous vivons la perte d'un être cher, nous ne faisons pas le deuil mais nous le vivons. Nous vivons avec... c'est le même principe pour le passé (qui est cette succession de deuils symboliques, voire réels). Pas plus tard qu'hier, j'étais au volant de ma voiture sur une route en pleine forêt et je me disais combien j'aimais conduire et combien c'était beau et agréable de traverser de tel paysage. Soudain, je sens la présence de mon père et je me souviens qu'il aimait aussi conduire et que le choix de sa profession le comblait à ce niveau-là. J'ai senti cette présence traverser tout mon corps, une sensation : celle qu'il entrait en moi et s'asseyait au volant, nous étions un. Cette expérience est le résultat de la rencontre et la reconnaissance de deux vibrations. En quelque sorte, l'information se reconnaît et ne fait qu'un, parfois dans son corps, parfois en dehors de son corps.


Ceci me permet de poser que ma croyance naît d'un fait et d'une idée, elle est l'interprétation de cette association.

Ce n'est pas ma mémoire qui crée l'expérience, j'emmène ma mémoire dans l'expérience que je choisis de vivre.

Et je crée ma réalité à chaque instant par rapport à ce que je porte et l'expérience que je vis.


Et vous à partir de quoi créez-vous votre vie ?




Logo : une spirale dessinée en noir sur fond blanc. Elle se déroule vers la droite, en bas au centre, elle est coupée par un trait vertical petit, lui-même coupé à l'horizontal à son milieu par un trait courbe, semblable à la courbe de la spirale, en bas, détaché un point. A gauche, la spirale s'arrête et laisse place à un point, un peu plus loin un autre point suivi par une larme dans la courbe de la spirale.


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Magnifique 💙

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