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Atelier Thana, pourquoi ?

Vivre le deuil



Parterre de feuilles mortes, dégradé de marron et ocre jaune et rouge. Au centre, une feuille de châtaignier retournée, laissant entrevoir ses rainures, sur elle des gouttes d'eau


Cela fait maintenant plus d'un mois que je n'ai plus publié d'article de blog... pourquoi ? L'envie n'était plus au rendez-vous laissant la place au manque d'inspiration et d'allant. L'élan de vie que j'identifie à l'élan créatif est un flux dont la fluidité et le débit sont conditionnés par les événements qui rythment notre vie et la façon dont nous les expérimentons. Jusqu'ici ce flux était au ralenti... la raison... je vis le deuil. En écrivant ces mots, je me rends compte que cet article mature en moi depuis quelques semaines déjà et que c'est très certainement pour cela qu'il ne prenait pas corps. Je n'étais pas prête, c'était trop tôt. Je m'emmenais sur d'autres chemins espérant trouver la motivation à écrire mais ce n'était pas le sujet.


Je vis le deuil et je me laisse vivre...

Je traverse tout ce dont je vais vous parler car c'est la nature même du deuil. Et mon expérience professionnelle est un soutien précieux dans ce qui est. Je mesure alors l'importance d'être accompagné dans cette étape de vie qui reste une épreuve émotionnelle avérée.



Deux femmes pleurent, une a un foulard sur la tête et tiens fermement de ses deux mains le bras de l'autre femme qui pleure également. Cette dernière est au-dessus le menton posé sur la tête de la première. Elle semble ne faire qu'un dans la tristesse et la souffrance
Or-photographie

L'accompagnement de Thanadoula est demandé lors du décès brutal d'un proche, il est également sollicité lors d'une annonce d'une maladie grave ou d'une fin de vie confirmée. Cet accompagnement est un soutien, une présence vous ouvrant un espace où vous pouvez reprendre votre souffle, où vous pouvez vous exprimer et être accueilli dans vos silences, vos larmes, vos cris et vos émotions.

Il est aussi souhaité par les mourants et les malades. C'est alors qu'ensemble, nous marchons ce chemin initiatique qui mène vers l'étape ultime de vie... la mort. Ma présence, sur demande peut alors aller jusqu'au passage final.


La Thanadoula peut vous accompagner bien avant tout cela. Comment ? En proposant des espaces de discussions et des ateliers afin d'aborder le thème de la mort et sortir du tabou. En solo, en famille, en groupe, nous explorons les peurs, les croyances et tous les attachements qui nous invitent à considérer la mort comme l'ennemie de la vie.


L'atelier Thana, pourquoi ?

Alors voilà pourquoi je propose les ateliers Thana, une fois par mois en soirée et ponctuellement sur une journée. J'ouvre cet espace où nous nous retrouvons pour parler de notre rapport à la mort, où nous témoignons de notre expérience, où nous exprimons nos émotions, où nous partageons nos questions et nos croyances. Tout ceci s'expérimente dans le mouvement de vie, vous invitant à la rencontre de vous-même dans cet espace si particulier et bien souvent inconnu.

Je ne suis pas en train de vous dire qu'en vivant ces rencontres, vous ne souffrirez pas, vous ne serez pas tristes ou en colère...

Je ne vous propose pas non plus d'avoir le contrôle sur le processus de deuil qui est inévitable et naturel.


Je vous présente une voie à explorer pour comprendre ce qu'est le deuil et ce qui se vit en vous et autour de vous. Je vous ouvre le champ des enjeux et de vous en saisir avant d'être dans l'urgence de la situation. La mort est un choc où les repères disparaissent, où les mots perdent leurs sens.

Cette voie vous permet aussi d'accompagner vos proches dans leur maladie, leur fin de vie.


Vivre le deuil


Comme le souligne, le psychiatre Christophe Fauré, spécialiste du deuil dire « qu'on fait le deuil de... » n'a pas de sens. En effet, le deuil est un processus naturel que nous vivons face à la mort. Le deuil est un processus qui se fait en nous. Le spécialiste, lors de ses conférences donne l'image de la cicatrisation d'une plaie, processus naturel que l'on peut accompagner mais qui se fera tant bien que mal en toute autonomie.

Le deuil est aujourd'hui défini par différentes étapes d'une durée établie dans une moyenne néanmoins chaque deuil est différent. Ces étapes peuvent se vivre aléatoirement et même parfois simultanément. Personnellement, je vis des journées sereines, des journées sereines traversées par une vague émotionnelle intense et des journées inondées de larmes témoins de ma tristesse, de ma colère.... je peux vivre chacune de ces étapes dans une même journée... et je me laisse porter par mon corps qui m'indique précisément ce qui se prépare pour moi.

L'annonce de la mort de quelqu'un est un choc, il est le témoin de la situation qui est inacceptable. Il se pose comme un des mécanismes de défense inconscients - processus mis en œuvre pour supporter l'inacceptable et lutter contre les angoisses. Il peut amener à un état de sidération limitant nos actions et notre capacité de décision.

Un autre mécanisme de défense est engagé, le déni. Il amène dans une situation particulière, celle de ne pas croire ou de ne pas vraiment croire la réalité. La sensation que tout le corps n'intègre pas l'information reçue.

La colère vient nous parler de notre sentiment d'injustice qui est légitime.


La tristesse, autre émotion est souvent associée à un état dépressif. Elle peut s'accompagner d'une perte d'envie allant même parfois jusqu'au désespoir. Elle est le témoin de la prise de conscience de la situation.


Une autre phase peut émerger, celle de la résignation. Souvent après avoir essayé, à maintes reprises de réécrire le scénario, la lutte cesse laissant derrière elle l'espoir de changer la situation.

L'acceptation ouvre le champ des souvenirs. C'est un temps dédié à apprendre à vivre autrement, à vivre le changement.


Le temps fait son œuvre, il ne change rien mais rend les choses, le quotidien plus doux. La reconstruction se fait par le lien aux autres. Il est à nouveau possible de se projeter dans l'avenir.

D'autres mécanismes s'activent, par exemple, personnellement j'ai déplacé mon angoisse sur une autre personne très proche de moi, j'ai également vécu la régression en reprenant des attitudes et des fonctionnements anciens.

J'ai entendu de nombreuses fois les proches chercher à comprendre le pourquoi de la situation, ils essaient ainsi de garder une certaine maîtrise. Ce mécanisme s'appelle la rationalisation.

Il se peut aussi qu'on ait besoin de raconter encore et encore ce qui s'est passé, ou d'entrer dans une hyperactivité souvent induite par les démarches à faire après un décès.



Une personne est allongée au sol, sur la terre, une autre lui tient la main. La main du dessus porte un tatouage et un bracelet au poignet.
Or-photographie

Accompagner la fin de vie


Quand on accompagne la fin de vie d'un être cher, il est difficile de se faire soi-même accompagner. Souvent pris dans la situation et ses enjeux, il n'est pas évident de rester lucide sur ses propres besoins parfois même sur ses besoins de base : manger, dormir.


Le plus grand danger est de fusionner avec le mourant et de s'approprier en quelque sorte le chemin du mourant et de se vivre dans la mort ; de penser que le sacrifice est une preuve d'amour, seule votre juste présence est la preuve et le témoignage de votre amour pour le mourant.

L'accompagnement d'un professionnel vous permet de reconnaître vos limites, de sortir de l'isolement, d'exprimer et partager vos émotions, vos peurs, votre sentiment d'impuissance, vos doutes et questionnements, d'accepter de déléguer...

Pourquoi est-il important de ne pas s'oublier dans cet accompagnement intense... pour ne pas souffler sur la culpabilité de la personne en fin de vie qui se vit déjà comme un fardeau, une charge imposée et imposante et l'empêcher de vivre pleinement d'elle à elle ce dernier bout du chemin. En effet, il ne faut pas perdre de vue que la personne en fin de vie va vouloir protéger son entourage et plus particulièrement son accompagnant. Elle utilisera son énergie à mettre en place des stratégies pour cela.


Les ateliers et l'accompagnement Thana


Les ateliers Thana s'adressent à tous, pourquoi ? Parce que la mort est la seule certitude que nous ayons dans la vie. Nous serons tous, à un moment ou un autre confrontés à la mort, un jour accompagnant, un jour mourant... alors pourquoi ne pas ouvrir cette voie qui n'empêchera ni la tristesse ni la souffrance de la séparation mais qui redonnera à la mort sa juste place... celle de l'étape ultime de vie. Comment ? En éclairant et dénouant les enjeux relationnels de la fin de vie, en comprenant que le deuil est un processus naturel de guérison, en libérant ce qui bouillonnent en nous concernant notre vision de la mort et nos expériences passées... et en faisant de la place pour ne pas exploser ou imploser lors de cette épreuve.


Fond gris violacé, sur la gauche une petite branche porte un bourgeon sur lequel est déposé une goutte d'eau
Or-photographie

La mort est une étape de la vie. En acceptant de vivre nous acceptons intrinsèquement de mourir, en expérimentant la vie, nous marchons vers notre mort, j'entends souvent les gens dire « ce serait plus facile si je connaissais la date de ma mort »... dans cette étape de fin de vie, vous savez... est-ce plus facile ? Je ne pense pas... la mort nous met dans l'urgence... pour certains l'urgence à vivre, pour d'autres l'urgence à mourir...


Je vis le deuil et j'observe que mon expérience du Thana me permet de rester dans ma liberté d'être, connectée à mes valeurs, mes acquis. Cette connaissance m'accompagne chaque jour à traverser et me laisser traverser par ce qui est, à faire ce qui doit l'être... je pleure, je ris, j'agis, je rêve aussi... je vis.



Sur fond foncé, vert, d'un énorme pissenlit s'échappent des anges, petits plumeaux  blancs
Or-photographie


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